Lomé, la capitale du Togo dispose des lagunes disséminées un peu partout dans la ville.
Ces lagunes représentent non seulement des lieux par excellence d’attrait touristique mais
aussi des endroits favorable au renouvellement de l’écosystème. L’entretien qui était accordé
à ces lagunes dans le passé se dégrade au fil des années. D’autres priorités relèguent
cet entretien au second plan. Cette nouvelle donne devient de nos jours source d’inondation
et de problème pour l’urbanisation de la ville. Ce triste constat est dû en partie à
l’accroissement démographique lequel crée un handicap pour une urbanisation de la ville
à chaque saison pluvieuse. Comme on le voit, ces lagunes au lieu de contribuer au développement
de l’écosystème, contribue malheureusement à dégrader les conditions humaines et physiques.
La vue géographique de Lomé fait apercevoir une longue bande de retenue d’eau constituée par
des lagunes qui se retrouvent dans plusieurs quartiers de la ville. Ces lagunes sont visibles
dans les quartiers comme Akodesséwa, Bè, Nyékonakpoè et Adéwi au niveau
du campus universitaire. Dans tous ces quartiers, l’on peut constater que des voies
de circulation traversent ces lagunes.
Si dans un premier temps ces lagunes procurent de la verdure, du vent frais et des ressources halieutiques, dans un deuxième temps elles constituent une source perpétuelle de danger et pour la population et pour l’écosystème car elles sont laissées à la merci de la nature. La protection et les garde-fous dont les autorités compétentes devraient disposer pour protéger ces espaces font défaut à tel enseigne que ce qui devrait être une source d’attrait touristique se transforme en un lieu de désolation pour les populations. Les personnes non averties par le danger que représentent ces lagunes se hasardent à approcher les rives de ces lagunes et malheureusement en viennent à laisser leur vie dans les profondeurs de ces eaux vectrices de maladies de toutes sortes. Pas plus tard que dans ce mois de juillet, un conducteur de moto taxi qui s’était aventuré vers ses eaux s’est noyé par mégarde. Et le comble dans tout ceci ce sont des corps sans vie que les pêcheurs repêchent régulièrement dans ces lagunes et qui causent désolation, peur et émoi.
Outre le danger que représente la circulation sur les routes qui traversent les lagunes,
il y a aussi l’état hygiénique des eaux. Rien qu’en empruntant ces voies en saison sèche,
l’on est accueilli par les odeurs suffocantes que dégagent les eaux. L’air à respirer devient
insupportable et est source de malaise pour plusieurs. A simple vue d’œil, l’on peu constater
que la surface des eaux est recouverte par des touffes d’herbes, d’ordures, d’excréments, bref
de débris de toutes sortes. Et que dire des populations riveraines ?
Elles courent à tout moment des risques de maladies tels que le paludisme, le cholera
et la contamination des eaux de puits qui sont souvent à usage domestique dans la plupart
des ménages.
Et quand arrivent la saison des pluies, ces lagunes qui sont dépourvues des voies
de canalisations libèrent leur surplus dans les rues, les quartiers et les maisons
lesquels se retrouvent du coup sous les eaux. Depuis l’année 2007 et jusqu’en 2010,
la ville de Lomé et principalement les quartiers riverains des lagunes connaissent
des fortunes diverses à chaque tombée de pluie. Des maisons détruites, des murs effondrés
et des morts, voilà le triste bilan qu’occasionne le débordement des eaux de ces lagunes.
Et pourtant, ce sont des dommages qui pouvaient être circonscris si et seulement si
l’on arrive à déceler les causes afin de pouvoir leur apporter des solutions durables.
A part les causes naturelles qui font végéter ces lagunes dans leurs tristes sorts, il faut
aussi relever qu’elles sont source d’insécurité les nuits pour les personnes qui circulent
sur ces voies. A la faveur de l’obscurité, faute de lampadaires pour éclairer ces voies,
les agresseurs ou voleurs profitent pour attaquer les usagers en les dépouillant de leurs
biens. Parfois ces voleurs vont plus loin jusqu’à tuer ceux qui leur résistent. Et pour
ce faire passer pour des innocents, ils jettent ces corps dans l’eau et s’évadent dans la nature.
En somme, les lagunes de Lomé qui devraient être plutôt des sources d’attrait touristique
au cœur de la capitale, se retrouvent être malheureusement des mines d’or enfouis dans
le sable, source de danger tant pour la survie des populations que des édifices construits.
Or si ces lagunes sont aménagées, entretenues, protégées et les abords des rues électrifiées,
elles épargneraient les populations des maladies et les inondations saisonnières qui mettent
en mal toute la capitale. C’est pourquoi, les moyens adéquats doivent être déployés pour aider
à assainir les lagunes, créer des voies de canalisation pour les drainer vers la mer.
Les voies vétustes qui traversent les différentes lagunes doivent être transformées en des
routes modernes électrifiées et protégées par des garde-fous. Ces retouches contribueraient
à donner à Lomé un cadre de ville sécurisée , une ville hors d’état d’atteinte de toute maladie
et ferait bénéficier à tous ce dont la nature a doté le Togo.
Par Delali Alabi